Musée du Domaine départemental de Sceaux: L'ordre de la Mouche à Miel
Le domaine de sceaux

L'ordre de la Mouche à Miel

L'Almanach de 1721

L'ordre de la Mouche à Miel

Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé, duchesse du Maine fit du Domaine de Sceaux un « lieu de délices », où les divertissements, jeux, théâtre, musique et danse rythmaient la vie de fête de la cour.

Le 29 décembre 1700, près de huit ans après leur mariage, le duc et la duchesse du Maine devenaient propriétaires du Domaine de Sceaux. 

Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé ou la « poupée de sang » comme l'appelait Mademoiselle de Nantes, sa belle-sœur, était petite, minuscule disait-on, dotée d’un physique peu enviable et d'un caractère vif. Le président Hénault, membre du Parlement de Paris, parlait d'elle en ces termes : « Impossible d'avoir plus d'esprit, plus d'éloquence, plus de badinage, plus de véritable politesse ; mais en même temps, on ne saurait être plus injuste, plus avantageuse et plus tyrannique ». Les récits rapportés par la Palatine, épouse de Monsieur, ne sont guère plus flatteurs pour la duchesse. Mais cette propriétaire du Domaine fit de Sceaux un « lieu de délices », où les divertissements, les jeux, le théâtre, la musique et la danse rythmaient la vie de fête de la cour.

Souvent objet de moqueries pour sa petite taille et son caractère emporté, la duchesse ripostait avec les armes de l'esprit. Elle créa ainsi en 1703 un ordre de chevalerie fantaisiste fondé sur la devise qu'elle avait adoptée après son mariage. Inspirée de l'Aminte du Tasse, cette devise, « Piccola si, ma fa pur gravi le ferite » qu'il faut traduire ainsi « Petite, certes, mais elle fait de cruelles blessures », comparait la duchesse à une abeille et faisait allusion à son caractère vif auquel il était prudent de ne pas se frotter.

Composé de quarante chevaliers comme l'Académie française, mais cependant ouvert aux femmes, cet ordre fictif attachait à la duchesse une cour de joyeux esprits. Les récipiendaires, au cours d'une cérémonie solennelle, juraient fidélité et obéissance à la grande Ludovise, surnom de la duchesse, et prononçaient le serment suivant : « Je jure par les abeilles du mont Himette, fidélité et obéissance à la dictatrice perpétuelle de l'Ordre, de porter toute ma vie la médaille de la mouche, et d'accomplir, tant que je vivrai, les statuts de l'Ordre ; et si je fausse mon serment, je consens que le miel se change pour moi en fiel, la cire en suif, les fleurs en orties et que les guêpes et les frelons me percent de leurs aiguillons ». A l'issue de la cérémonie, les récipiendaires recevaient une médaille suspendue à un ruban de couleur jaune citron qu'ils devaient porter chaque fois qu'ils se trouvaient à Sceaux. Sur la médaille, faite d'or, figurait au droit le profil de la duchesse, surmonté d'une suite de lettres : L.BAR.D.SC.D.P.D.L.O.D.L.M.A.M. Cette légende devait se comprendre ainsi : Ludovise BARonne De SCeaux Dictatrice Perpétuelle De L'Ordre De La Mouche A Miel. Au revers, une abeille s'échappait d'une ruche et la fameuse devise de la duchesse y était gravée. Malheur à qui égarait ce signe de reconnaissance ! 

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