Musée du Domaine départemental de Sceaux: Georges Michel, redécouvert en père du « paysage moderne »
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Georges Michel, redécouvert en père du « paysage moderne »

La redécouverte de Georges Michel s’opère alors que le peintre, très âgé, se retire peu à peu de la scène artistique. Associé hâtivement à la genèse de l’Ecole de Barbizon, Georges Michel ne fut sans doute remarqué que tardivement par Jules Dupré, pas avant 1835, à un moment où l’Ecole de Barbizon avait déjà pris son essor. Ses admirateurs ne manqueront pourtant pas de le présenter en aïeul influent, en Barbizonien avant l’heure, lui qui ne mit guère les pieds à Fontainebleau, en chef de file, lui qui travailla en solitaire. 

En 1841, Jules Dupré se porte toutefois acquéreur d’une partie des « études », « dessins », « peintures sur papier » et autres « dessins petits et grands » que Michel avait décidé de mettre en vente. Décédé deux ans plus tard, Georges Michel est inhumé au cimetière Montparnasse, dans une relative indifférence. Au mois de novembre 1846, le critique d’art Théophile Thoré (1807-1869) rédige une première notice biographique dans Le Constitutionnel, intitulée « Histoire de Michel, peintre excentrique ». Thoré livre un portrait parfois caricatural, déduisant ce qu’il nomme la « peinture sauvage » de l’artiste d’une vie résolument dissolue… Néanmoins, Thoré compare avantageusement le peintre français à trois maîtres hollandais : « …il brossait avec furie, nous dit-il, en quelques minutes, une étude d’un aspect extraordinaire, approchant souvent de Ruisdaël (1628/29-1682) pour le ton du ciel, de Huysmans (1633-1696) pour l’abondance de la touche dans les terrains, et même d’Hobbema (1638-1709) dans quelques dessous mystérieux, quand il rencontrait des arbres et des broussailles ».

Thoré ne connaissait visiblement pas bien l’œuvre de Georges Michel, puisqu’il pensait que sa production artistique ne rassemblait « guère que trois ou quatre paysages (…) assez terminés pour mériter le nom de tableau ». Mais il avait senti le peintre et ne doutait pas qu’il serait, un jour, estimé à sa juste valeur. En outre, le critique accroche, pour la première fois, l’un des tableaux du maître oublié dans une exposition organisée à Paris, en 1847, Boulevard Bonne-Nouvelle.

L'année suivante, Charles Blanc, directeur des Beaux-Arts, et Paul Lacroix (1806-1884), ami de Thoré connu sous le pseudonyme du bibliophile Jacob, lancent une souscription publique en faveur d’Anne-Marie Claudier-Vallier, veuve de l’artiste, qu’ils justifient dans une lettre au rédacteur du Journal des débats, rendant hommage au « Ruisdael français ». Les premières années de la décennie 1860 confirme une opinion de plus en plus partagée. En 1861, une nouvelle exposition, Boulevard des Italiens, avec 7  tableaux de Georges Michel, précède une notice biographique extrêmement bienveillante, publiée dans le catalogue de la collection particulière d’un admirateur. On peut y lire : « Michel recherchait les maîtres hollandais, et, parmi eux, aurait tenu sa place au nombre des meilleurs paysagistes. La postérité, plus équitable et plus clairvoyante, commence enfin à apprécier et à rendre justice à ce grand talent ; son ombre serait peut-être consolée si elle savait qu'aujourd’hui, Michel est surnommé le "Ruysdaël français".

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