Musée du Domaine départemental de Sceaux: L'oeuvre de Georges Michel
Le domaine de sceaux

L'oeuvre de Georges Michel

Trois époques distinctes

L'oeuvre de Georges Michel

Georges Michel est aujourd’hui représenté dans les collections publiques de plusieurs musées français –notamment en province, et étrangers. La reconstitution de son œuvre demeure toutefois assez difficile. Michel ne signait ni ne datait ses tableaux, ne les nommait pas davantage, estimant, d’après sa veuve, que la peinture  devait plaire sans le secours d’un nom ou d’une étiquette, d’où la complexité d’un éventuel catalogue de l’œuvre. Georges Michel a composé des paysages rustiques, parfois peuplés de « vieilles bâtisses » et animés de discrètes petites figures ; il décrit des sites réels, observés. Le moulin -souvent montmartrois-, le chemin embourbé, labouré par les roues des voitures, les accidents de terrain, caractérisent ses compositions. Les ciels chargés et menaçants et, d’une manière générale, le déchaînement des éléments, font de Michel le précurseur du paysage romantique.

Même s’il est difficile de classer ses tableaux selon un ordre chronologique, quelques remarques sont possibles. Georges Michel peint finalement de rares sous-bois et, au contraire, des paysages parfois dépouillés. Son sujet, c’est incontestablement l’effet produit par le ciel chargé de nuages ; il affectionne surtout les clairs-obscurs fortement marqués, les violents contrastes d’ombre et de lumière. De moins en moins descriptive, la peinture de Michel est, notamment dans les dernières années de son activité, une peinture d’effets : toucher le spectateur, le bouleverser, produire une émotion forte.                     

Dans son Etude sur Georges Michel, Alfred Sensier distingue trois époques :

1 - Celle de la jeunesse, au cours de laquelle il s’applique à pasticher les petits maîtres néerlandais à la facture précise, succédant, dans cette veine, à son aîné Demarne. D’après Sensier, cette première époque rassemble surtout de précieux tableautins peints sur panneaux ou sur cuivre. (cf. Animaux à l’abreuvoir du Musée des Beaux-Arts de Nantes).

2 - Au cours de la seconde époque, l’artiste définit la structure de ses paysages : 2/3 de ciel –1/3 de terrain. Sa peinture devient plus grave : l’artiste fixe le genre pathétique de ses paysages et possède déjà des thèmes de prédilection : orages menaçants, pluie battante, tempête effroyable. Michel y révèle une matière picturale riche et variée. Sensier, qui apprécie la peinture inspirée de cette seconde époque, adresse à l’artiste le beau compliment d’être sorti « de la peinture de métier pour entrer dans l’art ».

3 - Dans la dernière partie de son activité –après 1830, les phénomènes météorologiques prédominent : paysage soumis aux bourrasques d’une tempête, ciel orageux, traits de pluie, terrains détrempés… L’artiste montre un véritable sens de la dramaturgie. A propos des paysages de la dernière époque, Sensier suggère une analogie très judicieuse entre peinture et musique, déclarant que Michel « dégage un sentiment très vif du paysage ; (…) une symphonie réelle des spectacles pathétiques de la nature »… liberté d’exécution, empâtements, contrastes de lumière animant l’œuvre, caractère mouvant du ciel, véritable protagonistes des paysages caractérisent cette période.    

De la seconde période, datent les tableaux du musée de l’Ile-de-France. Dans la vue de la plaine de Saint-Denis, le spectacle de la nature est concentré dans la représentation du ciel, qui occupe les 2/3 du tableau : une impression d’immensité, qu’accentuent les petites proportions du chasseur et de son chien, se dégage de l’ensemble. La manière est plus libre : Georges Michel travaille par empâtement dans les zones les plus éclairées alors que les zones sombres laissent par endroits apparaître la trame de la toile. La coulée lumineuse du terrain souligne, par contraste, la présence de l’homme et de son chien, dont les silhouettes, sommairement tracées, se fondent dans le paysage. La sérénité du premier plan contraste avec le tumulte à venir, l’orage qui se prépare, auquel fait écho les aplats de couleur vert foncé, presque noir, employé pour le feuillage des arbres. Dans cette zone très obscure, quelques coups de pinceau plus clair permettent de disposer la clôture et le pignon d’une maison.

Les mêmes caractéristiques se retrouvent dans la troisième vue de Saint-Denis du musée de l’Ile-de-France. 2/3 de ciel, 1/3 de terrain, un ciel menaçant, quelques figures perdues au milieu d’un paysage dépouillé, un chasseur, son chien et une paysanne ramenant ses bêtes à l’étable. La palette est toujours aussi restreinte : des ocre-jaune, des ocre-vert, pour rendre les différents plis du terrain, des gris-verts pour les lointains, des gris-bleu pour le ciel. Et le chemin, sinueux, comme une perspective fuyant vers l’intérieur du paysage. Le dessin des figures est ici plus précis, peut-être le fait d’un collaborateur 

 

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