Musée du Domaine départemental de Sceaux: Hubert Robert et l'art des jardins
Le domaine de sceaux

Hubert Robert et l'art des jardins

De Versailles à Méréville

Hubert Robert et l'art des jardins

L'art des jardins est une autre facette du talent d'Hubert Robert. Nommé dessinateur des jardins du roi, Hubert Robert reçoit la charge de quelques chantiers importants : il intervient à Versailles, où il réaménage le bosquet des Bains d'Apollon sur l'emprise de l'ancien bosquet du Marais, en 1776 et 1778.

Dans un cadre déjà romantique, Hubert Robert fait construire une grotte artificielle -préfigurant celles de Méréville- pour abriter les trois groupes de marbre sculptés par Girardon illustrant Les Soins prodigués à Apollon et à ses chevaux après leur course diurne. Hubert Robert intervient également à Ermenonville et aurait également transformé, en 1780, le jardin régulier ornant la maison du maréchal de Noailles, à Saint-Germain, en un jardin à la mode, c’est-à-dire, un jardin anglais, avec rivières, cascades, lacs et grottes.

 

Le parc de Méréville pour le marquis de Laborde

A Méréville (Essonne), Hubert Robert se met au service de Jean-Joseph de Laborde (1724-1794). Habile commerçant et redoutable financier, Laborde est à la tête d'une fortune considérable. En 1784, il avait fait l'acquisition du château de Méréville, situé près d'Etampes, avec l'intention d'y implanter le "modèle le plus accompli du jardin nouveau", c'est-à-dire un jardin anglais ou anglo-chinois, dont la vogue s'était développée depuis l'Angleterre.

Dans un premier temps, l'homme fait affaire avec l'architecte François-Joseph Bélanger, qui avait conçu Bagatelle pour le comte d'Artois. Celui-ci entreprend de remodeler le grand parc, situé dans une cuvette traversée du sud au nord par la Juine et dresse le plan de ce nouveau jardin ainsi que la plupart des fabriques et autres ornements. De conception irrégulière, Méréville offre des chemins tortueux à la place des larges et longues allées rectilignes propres aux jardins français, une végétation non domestiquée donnant une impression naturelle, des accidents de terrain (vallons et pentes), des lacs, des cascades naturelles ou des rivières encaissées et un décor de théâtre mêlant d’impressionnantes masses rocheuses à de nombreux éléments architecturaux appelés "fabriques". 

Bélanger et Laborde ne parviennent toutefois pas à s'entendre et, dès 1786, Hubert Robert succède à l'architecte et poursuit l'aménagement du jardin. A partir de 1786, il préside à la conception du Monument de Cook, élément qui évoque l'expédition du célèbre navigateur qui avait tant fasciné Louis XVI au point de s'en faire communiquer les détails jusqu'à son issue tragique. Hubert Robert se charge également de la colonne rostrale –à gauche sur le tableau de Sceaux- : évoquant, quant à elle, l'expédition de La Pérouse, à laquelle les deux fils de La Borde participèrent en 1785 et dont ils ne revinrent jamais, elle instille une note mélancolique à laquelle s'ajoute, quelques années plus tard, une note plus sentimentale avec l'érection du Temple de la Piété filiale, dédiée à la fille du propriétaire, Nathalie de La Borde, représentée tout à droite dans le tableau.

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