Musée du Domaine départemental de Sceaux: Les dessins de Jean-Baptiste Oudry
Le domaine de sceaux

Un ensemble exceptionnel

Dix dessins de Jean-Baptistes Oudry

Sommaire

Les jardins d'Arcueil au XVIIIème siècle

Les dix dessins conservés au musée de l’Ile-de-France permettent de découvrir les jardins d’Arcueil, comme dans une promenade : depuis la Bièvre aménagée en Grand canal, du jardin bas au grand escalier, des terrasses intermédiaires et bosquets jusqu’au château et à la faisanderie. Jean-Baptiste Oudry est considéré comme le plus grand paysagiste de son époque.

Vue du jardin avec l'aqueduc d'Arcueil

Bosquet des jardins d'Arcueil orné d'une fontaine avec statue

Vue d'un escalier de face dans un parc

Château avec un escalier dans un jardin

Parterre avec bassins et château

Terrasse intermédiaire

La faisanderie du château d'Arcueil

Vue dans un parc avec un escalier et des personnages

Grande terrasse et treillages du château d'Arcueil

Vue du grand canal des jardins d'Arcueil

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  • 1 - Bosquet
  • 2 - Fontaine
  • 3 - Escalier
  • 4 - Château
  • 5 - Bassin
  • 6 - Terrasse
  • 7 - La faisanderie
  • 8 - Escalier
  • 9 - Terrasse et treillage
  • 10 - Canal
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1 - Bosquet avec bassin proche de l’aqueduc

Jean-Baptiste Oudry, Vue de jardin avec l'aqueduc d'Arcueil, pierre noire avec rehauts de craie blanche sur papier bleu, 18e siècle. Musée de l'Ile-de-France. INV. 37.2.77

Situé sur la terrasse intermédiaire, le bosquet représenté ici jouxte le grand escalier de la terrasse du château. En fond, l’aqueduc Médicis clôt le domaine au Sud.

2 - Bosquet des jardins d’Arcueil orné d’une fontaine avec statue

Jean-Baptiste Oudry, Bosquet des jardins d'Arcueil orné d'une fontaine avec statue, pierre noire avec rehauts de craie blanche sur papier bleu, vers 1740. Musée de l'Ile-de-France. INV. 37.2.78

Aux abords du Grand canal, ce bosquet était orné d’une fontaine en cailloutis rustiqué surmontée d’une statue allégorique. Il avait pour pendant un autre bosquet dont la fontaine était agrémentée de grotesques en coquillages.

L’ensemble de ces bosquets disposés en quinconce se faisaient face de part et d’autre du Grand canal. 

3 - Grand escalier menant aux jardins en terrasses

Jean-Baptiste Oudry, Vue d'un escalier de face dans un parc, pierre noire avec rehauts de craie blanche sur papier bleu, 18e siècle. Musée de l'Ile-de-France. INV. 51.15.1

Cette vue du versant Est du domaine a été dessinée depuis la Bièvre. Le grand escalier s’étage en deux volées, la première donnant sur une paire de volières qui encadrent la seconde, menant aux terrasses intermédiaires. De part et d’autre, des portes en arc de treillages ouvraient sur les bosquets de Diane et de Bacchus.

4 - Vue de la grande terrasse et du château d’Arcueil

Jean-Baptiste Oudry, Vue de la terrasse et du château d'Arcueil, pierre noire avec rehauts de craie blanche sur papier bleu, 1745. Musée de l'Ile-de-France. INV. 51.15.2

A droite du dessin, la façade Ouest du château apparaît sur la grande terrasse. En contrebas, la cascade était composée de trois déversoirs, d’un bassin, d’un second déversoir à huit degrés, puis d’un bassin en demi-lune retombant dans la Bièvre. De la terrasse intermédiaire, au premier plan à gauche, une allée aboutissait à un bosquet.

5 - Bosquet avec pelouses et bassins proche du château

Jean-Baptiste Oudry, Parterre avec bassins et château, 1747, Pierre noire, estompe et rehauts de craie blanche sur papier, vers 1747. Musée de l'Ile-de-France. INV. 90.43.1

Ce bosquet, aménagé plus en retrait sur la terrasse intermédiaire, se trouve à l’aplomb de la grande terrasse du château. Il permettait d’accéder vers le Nord, par des berceaux de treillages, au bosquet précédemment décrit, puis au château.

6 - Terrasse intermédiaire, cabinet de treillages et bassin des jardins d’Arcueil

Jean-Baptiste Oudry, Terrasse intermédiaire, cabinet de treillages et bassin des jardins d’Arcueil, Pierre noire avec rehauts de craie blanche sur papier, vers 1740. Musée de l'Ile-de-France. INV. 91.24.1

En quittant la grande terrasse, on accède vers le Nord à ce bosquet encadré de treillages et agrémenté au centre d’un bassin circulaire et de pelouses. Celui-ci permettait de gagner d’un côté la grande terrasse du château et de l’autre, le grand escalier à triple révolution, puis le jardin bas près de la Bièvre.

7 - La faisanderie du château d’Arcueil

Jean-Baptiste Oudry, La faisanderie du château d'Arcueil, Pierre noire avec rehauts de craie blanche sur papier, vers 1740. Musée de l'Ile-de-France. INV. 91.25.1

Ce pavillon, érigé sur une terrasse dans l’enceinte de l’ancien domaine au XVIIe siècle, domine la vallée en contrebas de l’aqueduc. Jean-Baptiste Oudry s’est installé sur le versant Est de la terrasse du château pour dessiner cette vue. A droite apparaît le regard numéro treize de l’aqueduc Médicis, d’où surgit une fontaine qui alimente le bassin en demi-lune situé en contrebas. Cet ensemble formait la faisanderie du prince de Guise. En fond de vallée apparaît la demeure de villégiature de la princesse de Beauvau. Plus loin, sur l’autre versant, se trouve la route d’Orléans.

8 - Grand escalier menant aux jardins en terrasses

Jean-Baptiste Oudry, Vue dans un parc avec un escalier et des personnages, pierre noire avec rehauts de craie blanche sur papier bleu, 1744. Musée de l'Ile-de-France. INV. 90.32.1

Le grand escalier est vu ici depuis le Nord-Est. La trouée sur la gauche menait vers la demi-lune encadrée de treillages. Celle-ci fermait la perspective du château vieux, en fond de vallée. Cette demi-lune permettait d’accéder plus au Nord au bosquet de Bacchus. Les personnages figurés sur ce dessin ont été ajoutés par Louis-Léopold Boilly dans les années 1800. La conception du paysage d’Oudry s’en trouve dénaturée.

9 - Grande terrasse et treillages du château d’Arcueil

Jean-Baptiste Oudry, Grande terrasse et treillages du château d'Arcueil, Pierre noire, estompe et rehauts de craie blanche sur papier bleu, vers 1740. Musée de l'Ile-de-France. INV. 37.2.79

Cette vue prise du versant Est se situe sur la grande terrasse, dos au château et au jardin bas. Le mur de soutènement surmonté de treillages clôt le jardin paysager, laissant apparaître dans la trouée, les sous-bois, limite du domaine sur le plateau de Villejuif.

Sur la gauche du dessin, les treillages se prolongent vers la vallée au Nord, donnant accès aux terrasses successives.

10 - Vue du grand canal des jardins d’Arcueil, 1744

Jean-Baptiste Oudry, Vue du grand canal des jardins d'Arcueil, pierre noire avec rehauts de craie blanche sur papier, 1744. Musée de l'Ile-de-France. INV. 92.18.1

Oudry représente ici le jardin bas traversé par la Bièvre qui était aménagée en Grand canal. L’artiste s’est installé au pied du grand escalier, regardant vers le Sud-Ouest en direction de l’aqueduc (caché par les frondaisons) et face aux deux petits ponts menant au château vieux.

Jean-Baptiste Oudry (Paris 1686-1755)

Jean-Baptiste Oudry est considéré comme le plus grand paysagiste de son époque, apportant un regard novateur et original.

Membre de l’Académie royale, Jean-Baptiste Oudry connaît le succès avec ses tableaux à sujets animaliers. Nommé peintre ordinaire de la vénerie royale, il fréquente les grands domaines des environs de Paris, tels Fontainebleau, Saint-Germain et Chantilly.

Il est considéré comme le plus grand paysagiste de son époque, apportant un regard novateur et original. Ses somptueux paysages d’Île-de-France apparaissent dans les Chasses royales, cartons créés pour la Manufacture des Gobelins et exécutés de 1733 à 1746.

Entre 1744 et 1747, Oudry se rend dans la propriété des princes de Lorraine à Arcueil, alors à l’abandon. Il y exécute de nombreux dessins à la pierre noire et à la craie sur papier bleu. Ses contemporains indiquent que dans ses dessins de paysages, il développe les grands principes enseignés par son maître Nicolas de Largillerre : la science de la perspective, les jeux de lumière et le rendu du clair-obscur.

Il existe plus d’une cinquantaine de vues d’Arcueil par Oudry actuellement conservées dans divers fonds publics en France et à l’étranger, ainsi que dans plusieurs collections particulières.

Histoire du domaine d'Arcueil

En 1681, Françoise de Brancas, princesse d’Harcourt achète la propriété d’Arcueil. Le château est entouré de jardins en terrasses, agrémentés de bassins et d’un grand réservoir, alimentés par l’aqueduc construit à l’époque de Marie de Médicis.

En 1715, Anne-Marie-Joseph de Lorraine, prince de Guise, fils aîné de Françoise de Brancas, hérite de la propriété qu’il agrandit en achetant le château vieux, dit La Maison des gardes, situé sur le versant ouest de la Bièvre. Il ordonne la création de nouveaux jardins dans le goût rocaille.

En 1739, à la disparition du prince, la propriété revient à ses deux filles : Louise-Henriette de Guise, princesse de La Tour d’Auvergne et Élisabeth-Sophie de Guise, duchesse de Richelieu. Les jardins sont alors laissés dans un état d’abandon, avant la mise en vente du domaine en 1755.

Les artistes venus dessiner à Arcueil

Les jardins d’Arcueil connaissent une grande renommée au xviiième siècle. Entre 1740 et 1760, de nombreux artistes, à la recherche de sites pittoresques, viennent y dessiner sur le motif : Jean-Baptiste Oudry, Nicolas Pérignon, Charles-Joseph Natoire, François Boucher, Jacques-André Portail, Claude-Jean-Baptiste Hoin …

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