Musée du Domaine départemental de Sceaux: Maurice de Vlaminck
Le domaine de sceaux

Valmondois à la nuit tombante

Maurice de Vlaminck

Valmondois à la nuit tombante

Le Musée sort de sa réserve, ce mois-ci, une lithographie de Maurice de Vlaminck. Cette estampe nous donne l'occasion d'aborder à la fois l'art "fauve" fait de couleurs très pures « sorties du tube »,  d'effets de tourbillon et les diverses influences subies par l'artiste au début du XXe siècle. 

Maurice de Vlaminck (1876-1958)
Valmondois à la nuit tombante ou Nuit à Valmondois
Lithographie
33 x 50 cm
Numérotée 14/35
N° INV. 99.10.1

Maurice de Vlaminck, artiste autodidacte, commence à peindre en 1900 avec André Derain à Chatou. Dès 1901, il a une révélation en voyant la peinture de Vincent Van Gogh dont il s'inspire fréquemment dans ses toiles, tant en utilisant une couleur très pure « sortie du tube » que par des effets de tourbillon.

Maurice de Vlaminck, Valmondois à la nuit tombante, Lithographie. INV. 99.10.1

Il participe au scandale du Salon des Indépendants de 1905 dit « La cage aux fauves »  avec Henri Matisse, André Derain, Raoul Dufy. Le marchand de tableaux Ambroise Vollard et le célèbre négociant en art,  Daniel-Henry Kahnweiler, s'intéressent à son œuvre peint et gravé qui intègre les apports de la génération précédente : virulence de la palette de Van Gogh, recours aux aplats de Gauguin et des Nabis, divisionnisme de la touche de Seurat et de Signac, exploration des volumes de Cézanne. Toutes ces influences, alliées à son goût pour l'art africain, furent des sources capitales pour ses premières xylographies. 

Vlaminck s'intéresse à la gravure dès ses premières recherches de l'atelier du Pont-de-Chatou. Son importante production permet de le classer véritablement dans les peintres-graveurs : cent cinq bois, quarante-six gravures, eaux-fortes et pointes sèches, cent soixante-quinze lithographies. Il illustra de très nombreux ouvrages dont : Les Hommes abandonnés de Georges Duhamel (1921), Le diable au corps de Raymond Radiguet (1926), Mont-Cinère de Julien Green (1926), etc...

L'épreuve conservée par le musée de l'Ile-de-France, une lithographie réalisée à partir d'un dessin au crayon lithographique et un lavis à l'encre lithographique sur pierre,  porte le numéro 14/35 du tirage définitif. Ce paysage familier du village où il s'est installé dès 1919 présente les constantes de l'art de Vlaminck : la volonté de jouer sur des cadrages serrés, de réaliser des plans rapprochés, d’évoquer une immédiateté, de saisir l'instant dans l'utilisation de larges aplats et de hachures.

Katalin de Walterskirchen, dans le catalogue raisonné de son œuvre gravé distingue « trois styles successifs dans la série de ses lithographies. La première est caractérisée par sa transparence et son parti-pris décoratif, la deuxième par la représentation très riche en contrastes de petits paysages, que l'on dirait vus à travers une étroite fenêtre ; la troisième enfin rappelle, par l'utilisation de hachures serrées, les œuvres de jeunesse inspirées de van Gogh ». Nuit à Valmondois, datée de 1926, appartient à la seconde période qui met en exergue les contrastes forts de lumière avec de larges surfaces noires et blanches juxtaposées qui donnent du volume aux architectures représentées. Les personnages ne sont que de simples aplats sombres, silhouettes presque surréalistes.

Après 1930, Vlaminck abandonnera la lithographie pendant seize ans avant d'en produire une dernière à l'âge de quatre-vingts ans, deux ans avant sa mort.

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